28 mars 2008
CHANTAL SEBIRE ET LA CULTURE DE MORT
Chantal Sébire est cette femme de nationalité française, atteinte d'une tumeur incurable au visage, et dont le corps a été retrouvé le 19 Mars 2008 à son domicile à Plombières-lès-Dijon. Cette patiente a absorbé une surdose mortelle de Pentobarbital pour mettre fin à ses souffrances. Elle a décidé elle-même de sa mort, n'ayant pas obtenu de la justice le droit d'être euthanasiée. En effet, conformément à la législation en vigueur, la justice avait rejeté le 17 Mars 2008, sa requête. La loi leonetti, sur la fin de la vie, adoptée en 2005, avait instauré le droit "au laisser mourir", mais pas à l'euthanasie active. Ne faudrait-il pas rouvrir le débat sur l'euthanasie au niveau international, en cette fête de Pâques où notre Seigneur Jésus-Christ surgit vivant pour la plénitude de la vie humaine et divine, trois jours après sa mort.
Le drame de Chantal Sébire et sa tragique issue ont provoqué une grande émotion dans le monde. Chacun de nous pressent l'ampleur de son épreuve, en cette situation marquée par de si lourds handicaps et cette grande souffrance. Ni les circonstances particulières de ce drame n'ont fait l'objet d'une grande attention, à la différence de la demande de mourir de cette jeune dame qui a été si largement commentée. Il y aurait aussi beaucoup à dire sur les répercussions de tout cela sur les personnes atteintes de handicaps semblables à ceux de Chantal Sébire. Le débat public soulevé par ces événements s'est concentré sur la question d'une acceptation de notre monde de l'euthanasie. Une fois de plus plus des juristes s'élèvent pour que soeint reconnues des exceptions à la loi qui réprouve toute forme d'homicide.
La position de l'Eglise catholique est constante à ce sujet. Nous rappelons ici la déclaration sur l'Euthanasie de 1980, publié par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi; le document du Conseil Pontifical "Cor Unum" quelques questions d'éthique relatives aux grands malades et aux mourants de 1981, l'encyclique Evangelicum Vitae de 1995, de Jean Paul II, en particulier les numéros 64 et 67 et la charte des personnels de la Santé de 1995. Tous ces documents du Magistère ont condamné l'euthanasie comme moralement inacceptable, en tant que meurtre délibéré d'une personne humaine innocente. En effet, il s'agit d'une action honteuse. Mais l'Eglise recommande qu'un malade gravement atteint soit assité spirituellement, moralement, pastoralement et médicalement au nom de la culture de vie et non de la culture de mort. Bien sûr que Chantal Sébire souffrait atrocement, mais cela ne devait en aucun cas justifier son suicide. Même si la science d'aujourd'hui trouvait en ce moment son mal incurable, certains médecins étaient favorables à continuer à utiliser dans son cas de l'analgésie et des soins palliatifs proportionnés à la douleur elle-même. Plus encore celle-ci devait être accompagnée d'une assistance humaine et spirituelle appropriée, peut-être adoucie et soulagée, dans un climat affectif et psychologique.
Certainement que cette demande de mourir de cette patiente souffrant profondément, traduit une demande indirecte de recevoir davantage d'attention et d'intérêt de la part de son entourage et des personnes qui l'entourent, en plus des soins appropriés. En effet, si Chantal s'était sentie entourée d'une présence affectueuse, humaine et chrétienne, elle ne serait pas tombée dans la dépression et dans l'angoisse pour arriver à en finir avec la vie. Son acte est une défaite.
Père AKE Patrice Jean, Vice-Président de l'UCAO-UUA
http://pakejean16.spaces.live.com
Commentaires
Une défaite pour qui ?
Quel était l´accusé; était-ce Chantal Sebire ou était-ce la France administrative qui lui a refusé une fin humaine et respectueuse qu´elle devait à cette femme qui avait donné de beaux enfants à son pays ?
Cette histoire m´a profondément choqué. Et à mon avis elle dénote d´un manque d´humanisme criant d´une France qui savait construire des sous marins atomiques pour tuer à l´aveuglette, dont l´histoire était pavée de crimes et de violentements d´une bassesse sans nom, qui se réclamait des droits de l´homme...mais qui ne savait pas reconnaître à une femme profondément éprouvée par une maladie des plus affligeante et mortelle le droit que celle-ci avait à mourir en conservant pour ses enfants et pour elle-même une dignité humaine.
La réponse de la France signifiait tout simplement ceci : vit et souffre éternellement en notre nom. Et je crois qu´il est grand temps qu´on apprenne à réfléchir, en France. Et à quitter, au nom d´un interdit d´euthanasie empirique, des vues qui ne sont plus contemporains lorsque comme Chantal Sebire, quelqu´un est atteint d´une maladie incurable qui lui fait perdre, dans la douleur et la désagrégation humaine, toute sa fierté d´être humain. Même un cheval blessé, on lui fait l´honneur de l´abattre, pour le préserver d´une cruelle et inutile souffrance. C´est la moindre des humanité qu´on a refusé à cette femme. Elle ne l´avait pas mérité. Pas du tout. Honte à nous tous qui avons laissé faire par curiosité malsaine et pour publier plus tard des photos qui nous rendraient célèbres. Triste culture.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
www.realisance.afrikblog.com
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