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Universitaire

Partages des problèmes des enseignants de l'université

19 avril 2008

La protection de la femme non-combattante

LE CAS DE LA COTE D'IVOIRE

          Il s'agit d'un Mémoire de Maîtrise en Droit Public(Option carrière administrative) soutenu par Mlle OSNOU-YOBOUET  Youw Cynthia-Michèle L.), sous la direction du Dr DASSE Francine. Le Jury était présidé par le Rév. Père AKE Patrice et avait pour examinateur Dr SORO. Par cette étude, l'impétrante part du constat que dans les conflits armés africains, les femmes sont plus exposées que les hommes, aux tortures, aux viols, du fait de leur fragilité naturelle. or cette partie de la population a des droits qui relèvent du droit humanitaire qu'il lui faut connaître (cela suppose une bonne information, et une bonne sensibilisation). Ces droits exercent ainsi une protection de la couche sensible de la poulation, mais dans la pratique, la femme est toujours lésée. Tel est le bilan que ce travail observe en définitive. La Côte d'Ivoire est partie aux Conventions de Génève de 1949 ainsi quà leurs protocoles additionnels de 1977, à la Convention de 1993 sur les armes chimiques et au traité d'Ottawa de 1977, ratifié en Juin 2000. Ce pays n'a pas encore ratifié le protocole à la charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples relatif aux Droits de la Femme. de Juillet 2003.

1. LE CADRE JURIDIQUE DE LA PROTECTION DES DROITS DE LA FEMME EN PERIODE DE CONFLIT ARME

LA PROTECTION INTERNATIONALE

          Le droit International Humanitaire vise la protection des droits de l'homme, spécifiquement, les droits de conflit armé. En cas de circonstances exceptionnelles telles que les dangers publics exceptionnels menaçant l'existence de la nation (Pactes internationaux de l'ONU de 1966 art. 4) ou encore (Convention européenne des droits de l'homme de 1950 art. 15), ce droit est applicable. Les règles de son application sont aussi simples, détaillées et spécifiques: il n'y a pas de distinction entre les différents types de protections. En ce qui concerne la femme, la protection est essentiellement l' oeuvre des convention de Genève (Convention IV relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre du 12 Août 1949) et de ses deux protocoles additionnels du 8 Juin 1977. Au niveau général, cette protection repose sur des principes comme la non-discrimination(1), le droit à la vie(2), le traitement humain(3),  le droit de n'être tenu ni en esclavage, ni en servitude(4) et le droit à la légalité des délits et des peines et des garanties judiciaires(5)

LA PROTECTION SPECIFIQUE

          En plus de la protection générale, la femme bénéficie d'une protection spécifique. Ainsi, "la femme est spécialement protégée contre toute atteinte à son honneur, et notamment contre le viol, la contrainte à la prostitution, et tout attentat à la pudeur"(6). En temps de guerre, le régime de faveur accordé aux femmes enceintes et aux mères d'enfants de moins de 7 ans doit être respecté. Elles "doivent bénéficier de tout traitement préférentiel qui est accordé aux catégories correspondantes"(7). En plus "les femmes internées ne doivent être fouillées que par des femmes"(8).

AU NIVEAU REGIONAL
LA CHARTE AFRICAINE DES DROITS DE L'HOMME ET DES PEUPLES

          Cette charte a été adoptée à la XVIIIè Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement en Juin 1981 à Nairobi au Kenya. Elle contient les principes de base de la protection(9). Elle énonce en outre que "toute personne a droit à la vie et à l'intégrité physique et morale de sa personne"(10). L'interdiction de la torture, des peines et des traitelments cruels, inhumains ou dégradants figure dans cette charte.(11)

LA PROTECTION SPECIALE ACCORDEE AUX PERSONNES NON COMBATTANTES

          Au niveau de la protection spécifique accordée aux femmes en Afrique nous avons le Protocole de la Charte des Droits de l'Homme et des Peuples relatif aux Droits de la Femme en Afrique de Juillet 2003. Ici aussi, "toute femme a droit au respect de la dignité inhérente à l'être humain, à la reconnaissance et à la protection de ses droits humains et légaux"(12). En outre, "les femmes ont droit à une existence paisible et le droit de participer à la promotion et au maintien de la paix"(13).

LA PROTECTION INTERNE

          Le Préambule de la Constitutution Ivoirienne du 1er Août 2000 dit son adhésion à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et à la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples. Le corps de la Constitution fait mention des droits inaliénables et intagibles comme le droit à la vie(14), au libre et égal accès à la justice(15). D'autres textes de lois et de décrets sont utiles pour notre thème.

La première loi est le N° 98757 su 23 Décembre 1998 portant répression de certaines formes de violence à l'égard des femmes. Elle vise aussi à protéger les femmes contre les mutilations génitales.

La Loi N° 2004-403 du 3 Mai 2004 portant création de la Commission Nationale des Droits de l'Homme de Côte d'Ivoire.

          Les textes réglementaires sont plus abondants que les textes de lois:

Le Décret N° 91-887 du 27 Décembre 1991 portant adhésion de la Côte d'Ivoire à la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples.

Le Décret N° 91-888 du 27 Décembre 1991 portant publication de la Charte Africaine des Droits de l'Homme

Le Décret N° 2003-199 du 3 Juillet 2003 portant sur l'organisation du Ministère des Droits de l'Homme en Côte d'Ivoire.

2. LA MISE EN OEUVRE INSUFFISANTE DE LA PROTECTION DES DROITS DE LA FEMME EN PERIODE DE CONFLIT ARME

          Mlle OSNOU  constate avec beaucoup de regret que malgré les textes, la protection aurait dû être plus efficace, mais elle est en pratique insuffisante car ces textes ne sont pas appliqués pendant les conflits. Elle révèle "qu'un contingent marocain de casques Bleus de l'ONCI a été suspendu le Vendredi 20 Juillet 2007 pour présomption d'abus sexuel et d'exploitation sexuel à l'encontre des femmes y compris de mineurs à Bouaké"(16) Cette décision est conforme à la politique de tolérance zéro des Nations Unies en matière d'exploitation et d'abus sexuels. Toutefois, comme le souligne le rapport de la Ligue Ivoirienne des Droits de l'Homme (LIDHO), "ces actes, récurrents, dans le Système des Nations Unies sont associables à la liberté et à l'aisance illimitées dont jouissent les composantes civiles et militaires des Nations Unies en zones de conflit" (17).

Un tableau récapitulatif vient nous éclairer sur la situation des droits de la femme (Enquête sur les personnes déplacées internes (PDis) dans la zone gouvernementale) effetcuée par le Ministère de la Solidarité et des Victimes de guerre) (MSVG)

Tableau B1: Importance relative des violences commises sur les femmes déplacées selon les lieux des délits (%)

Lieux de délits A domicile Dans la rue Au cours d'un déplacement En détention Autre
Viols 78,9 0,0 36,7 34,4 0,0
Violences Physiques 51,5 19,7 40,0 11,4 1,2
Menaces verbales 63,8 17,9 41,0 14,1 1,5
Vols/Pillages 85,3 8,9 17,7 10,0 0,4
Autres 23,7 33,3 70,9 0,3 0,4
          LES SOLUTIONS ENVISAGEABLES

          Devant le caractère limité de la répression tant au niveau des mécanismes au niveau international, qu 'au niveau national, notre impétrante propose des solutions suivantes:

  • La prévention des conflits
  • La prévention de la dégradation du conflit
  • La valorisation de l'apport des organisations non gouvernementales
  • La prévention post-conflit
LA BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES GENERAUX

DAVID (Eric), TULKENS Françoise, VANDERMEERSCH Damien.- Code de Droit International Humanitaire: Textes Réunis au 1 er Mars 2002 (Bruxelles 2002), 750p.

CICR.- Le Droit International Humanitaire, CICR (2001) 32p.

OUVRAGES SPECIFIQUES

KAUDJHIS (Offoumou Françoise).- Droits de la Femme en Côte d'Ivoire (Abidjan, S.D. ) 291p.

KRILL (Françoise).- La protection des droits de la femme dans le Droit International Humanitaire (Genève CICR 1985), 30p.

LALANE (Françoise).- Droits des femmes (Paris, First 1994), 190p.

LYNDSAY (Charlotte).- Les femmes face à la guerre: étude du CICR sur l'impact des conflits armés sur les femmes (Genève CICR 2002), 304p.

SCIOTTI( Lam Claudia).- Droit de l'application des traités internationaux relatifs aux droits de l'Homme (Bruxelles, Institut René Cassin 2004), 704 p.

ARTICLES

ASSI (Rose de Lima).-  "L'adoption du protocole à la charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits des femmes: un pas important dans la lutte contre la discrimination à l'égard des femmes en Afrique dans La lettre de l'IDDH de (janvier 2005), pp. 6-7.

BOUET-DEVRIERE(Sabine).- "La protection des droits de la femme: vers une efficacité accrue du droit positif international dans Revue trimestrielle des droits de l'homme n° 43 (juillet 2000,) pp. 453-477

CHABAUD(Corinne).- " Droits de l'homme: les femmes et les enfants d'abord, dans Croissance n° 362 (Août 1993), pp. 16-17

KAMARA(Moctar).- "La protection des droits fondamentaux dans le cadre de la charte africaine des droits de l'homme et des peuples et au protocole additionnel de juin 1998 dans Revue Trimestrielle des droits de l'homme n° 63( juillet 2005), pp. 709-727

LAMBERT(Pierre).- "La protection des droits intangibles dans les situations de conflits armés dans Revue trimestrielle des droits de l'homme n° 42 (avril 2000)

NGUEMA(Isaac).- "La naissance de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, dans Développement et corporation n°1 (Janvier 1999)

REHN (Elisabeth) et SIRLEAF(Hélène Johnson).- "Les femmes, la guerre et la paix: une évaluation indépendante" pp. 14-34

SOLY(Bald).- " Côte d'Ivoire: situation institutionnelle" CEAN Université Montesquieu Bordeaux IV

         

___________________________________

1) Art. 12 des 1ère et 2è conventions de Genève, 16 de la 3è convention, 27 de la IVè convention; art. 75 du protocole 1 et art. 4 du protocole 2. Ces articles prévoient un traitement sans aucune distinction de caractère défavorable, en particulier pour les raisons de sexe. En outre, les personnes protégées seront toutes traitées par la partie du conflit, au pouvoir de laquelle elles se trouvent, avec les mêmes égards, sans aucune distinction défavorable, notamment de race, de religion.

2) Premier droit de l'homme, ce droit est consacré par les art. 3  des conventions de Génève, aux art. 75 et 12 des protocoles 1 et 2. Les protocoles interdisent d'utiliser contre les civils la famine en tant que méthode de guerre.

3) Les belligérants doivent traiter les personnes avec humanité. Art. 3 commun aux 4 conventions et protocole 2. La convention contre la torture du 10 décembre 1984 condamne: "tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d'obtenir d'elle ou d'une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d'un acte qu'elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonné d'avoir commis, de l'intimider ou de faire pression sur elle (...) ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu'elle soit (...)." Le recours à la torture constitue un crime de guerre selon le statut  de Rome, de la Cour Pénale Internationale, du 17 juillet 1998.

4) Art. 4 de la Déclaration Universelle des droits de l'homme; art. 8 du Pacte de l'ONU.

5) Art. 99, 66,67 des Conventions III et IV de Genève et Art. 75, 6 des Protocoles additionnels 1 et 2.

6) Art. 27 al. 2 de la Convention IV de Genève; art 75 et 76 du Protocole 1.

7) Art. 38 de la Convention 4.

8) Art. 97 al. 4 de la Convention 4.

9) Art. 3. Toutes les personnes ont droit à une égale protection. Le principe de non discrimination est énoncé à l'Art. 2.

10) Art. 4.

11) Art. 5 et Résolution 3452 de la XXXè Assemblée Générale des Nations Unies.

12) Art. 3

13) Art. 10

14) Art. 2

15) Art. 20

16) Mémoire cité, p. 35

17) Ibidem, p. 36

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12 avril 2008

La protection du transporteur et l'OHADA

          Ce mémoire de Maîtrise en droit des affaires de Monsieur BALIMA Romuald (rombal1@yahoo.fr) a porté sur le thème "La protection du transporteur de marchandises par route dans l'espace OHADA(1)". Ce mémoire a été dirigé par Maître COULIBALY Climanlo Jérôme, Maître de Conférences, le Président de Jury était le Prof. Roch David GNAHOUI, Maître de Conférences et l'examinateur Le Dr Serge Roland BONI, Maître-assistant. Cette protection a été envisagée sur deux grands axes: le premier est celui de l'insolvabilité du débiteur du prix du transport et le second est celui de la responsabilité du transporteur. Pour éviter que le transporteur ne soit confronté à une situation dans laquelle le débiteur du prix du transport devienne insolvable, le législateur africain prévient l'insolvabilité en proposant l'utilisation des garanties: celles connues du droit commun et celle liées à la spécificité même du contrat de transport de marchandises. Pour ce qui est de la responsabilité du transporteur, le législateur tente de le moduler en édictant des mesures dont les unes ont pour effet de limiter et les autres d'effacer la responsabilité du transporteur.

__________________________________________________

1)OHADA est un acronyme qui signifie "Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires". Elle a été créée par un Traité signé à Port Louis, le 17 octobre 1993. C'est une organisation d'intégration régionale qui regroupe ajourd'hui 17 Etats francophones de l'Afrique de l'Ouest et du Centre et qui a pour but de créer un cadre juridique propice au développement des affaires en élaborant et en adoptant des règles communes simples, modernes et adaptées à la situation des économies des Etats membres et de promouvoir l'arbitrage comme mode de règlement des différends contracuels, d'améliorer le climat d'investissement, de soutenir l'intégration économique africaine, de favoriser l'institution d'une communauté économique africaine, en vue d'accomplir de nouveaux progrès sur la voie de l'unité africaine. La notion d'espace OHADA représente, sur le plan spatial, l'ensemble des territoires des Etats membres, mais aussi, sur le plan matériel, l'ensemble des règles émises par l'organisation OHADA. De ce fait, la protection du transporteur de marchandises routier est ici étudiée au egard seuleent du droit OHADA.

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10 avril 2008

Charité, Droit Humanitaire, Droit d'Ingérence

Ce projet de thèse de Doctorat en Culture de la Paix et Action Humanitaire, spécialité (Droit International et Action Humanitaire) est l'oeuvre du Père TOGNAN Siméon, Maître en Sciences Juridiques et a été conduit par le Prof. LEZOU Dago Gérard, Professeur Titualire de la Chaire Unesco pour la culture de la Paix. Le titre est le suivant : Les Activités caritatives de l'Eglise Catholique durant le conflit armé ivoirien à la lumière du droit international humanitaire.

          Son auteur a rassemblé une abondante bibliographie:

A. OUVRAGES GENERAUX

ARON(R.).- La lutte des classes, (Paris, Gallimard, "idées", 1972).

ATALI(J.).- Histoire du temps, (Paris, Fayard, 1982).

BADIE(B.).- Un monde sans souveraineté (Paris, Fayard, 1999)

BAILEY(F.G.).- Les règles du jeu politique (Paris, Fayard 1999)

BAYADA(B.) et al..- Conflit, mettre hors jeu la violence, (Lyon, Chronique sociale, 2000)

BERTRAND(M.).- La fin de l'ordre militaire, (Paris, Presse de Sciences Politiques, 1996)

BOUTHOUL(G.).- Traité de polémologie (Paris, Seuil, 1952)

BOURQUE(R.) et al.. -Sociologie de la négociation (Paris, La découverte 2002)

CHABERT(Y.) et PHILIBERT (R.).- Vivre le pardon (Paris, Les Editions de l'Atelier/Editions ouvrières, 1995)

CREVECOEUR(J.).- Relation et jeu de pouvoir (Paris, Edition Jouvence, 2000)

DANON(P.).- La prééminence constitutionnelle du Président de la République en Côte d'Ivoire (Paris, l'Harmattan 2004)

DUCROT(O.).- Dire et ne pas dire, Principes de sémantique linguistique, (Paris, Hermann, 1972)

DUSSEY(R.).- Pour une paix durable en Afrique: plaidoyer pour une conscience africaines des conflits armés, (Abidjan, Bognini 2002)

FISHER(S.) et al. .- Comment réussir une négociation (Paris, Nouveaux Horizons, Seuil, 1982)

FREUND(J.).- Sociologie du conflit, (Paris, PUF, 1983)

GUERIN(V.).- A quoi sert l'autorité? (Paris, Chronique sociale, 2001)

GUITTON(J.).- La pensée et la guerre, (Paris, Desclée de Brouwer), 1964)

INSTITUT LUMKO.- Pour vivre la réconciliation, Delmenville, Lumko, 2001)

LELLOUCHE(P.).- Le nouveau monde: de l'ordre de Yalta au désordre des nations, (Paris, Grasset, 1992)

MALBERG(R.C.de).- Contribution à la théorie générale de l'Etat, (Paris, Sirey 1920)

N'GUYEN(Q.D.) et al. .- Droit international public (Paris, LGDJ 2002)

POUJOL (J.) et C..- Les conflits: origines, évolutions, dépassements (Paris, Editions Empreinte, 1989)

RECYCLER(L.) et PFAFFENHOLZ.- Construire la paix sur le terrain, (Brussels, Grip et Edition Complexe, 2000)

REYNAUD(J.D.).- Les règles du jeu, (Paris, Armand Colin, 1993)

RYFMAN(P.).- La question humanitaire, histoire, problématique, acteurs et enjeux de l'aide humanitaire internationale, (Paris, Ellipses, 1999)

TOFFLER(A.) et HEIDI.- Guerre et contre-guerre (Paris, Fayard 1994)

TOURAINE(A.).- Sociologie de l'action, (Paris, Seuil, 1965)

URY (W).- Comment négocier la paix, (Paris, Nouveaux Horizons/Seuil 2001).

URY(W.).- Comment négocier avec les gens difficiles: de l'affrontement à la coopération, (Paris, Nouveaux Horizons/Seuil 1982)

WEBER(M.).- IL lavoro intellectuale come professione (Torinno, Einaudi, 1966)

B. OUVRAGES SPECIFIQUES

BOUQUET(C.).- Géopolitique de la Côte d'Ivoire (Paris, Armand Colin, 2005)

DJEREKE(J.C.).- L'engagement politique du clergé catholique en Afrique noire(Paris, Karthala, 2001)

GAZOA(G.).- Les conflits en Afrique noire: Quelles solutions? Le Cas Ivoirien: approches spirituelles et anthropologiques, (Abidjan, Fraternité Matin Edition 2006)

LOUKOU(J.N.).- Histoire de la Côte d'Ivoire. La formation des peuples, (Abidjan, CEDA 1984)

N'SAME(M.).- Choc des civilisations ou recomposition des peuples? Réflexion sur les différences, les différends et le développement des communautés, (Chennevièvres-sur-Marne, Edition Dianoïa, 2004)

KÄ (M.).- Christ d'Afrique, Enjeux éthiques de la foi chrétienne en Jésus-Christ, (Paris, Karthala, 1994)

RAULIN (H.).- Problèmes fonciers dans les régions de Gagnoa et de Daloa, (Paris, Orstom, 1957)

SCHWARTZ(A.).- Le conflit foncier entre Krou et Burkinabé à la lumière de l'institution kroumen, (Abidjan, Orstom, 2000)

THUAL(F.).- Les conflits identitaires (Paris, Iris-Ellipses, 1995)

VERGES(J.).- Crimes contre l'humanité: Massacres en Côte d'Ivoire (Paris, Phanos, 2006)

SIMON (H.).- Eglise et Politique (Paris, Québec, Centurion/Editions Paulines, 1990)

ZORGBIBE(C.).- Le droit d'ingérence, (Paris, PUF 1994), Que Sais-je? N° 2916

C. PERIODIQUES, REVUES et ARTICLES DE PRESSE

BAMBA (K.) et YAOVI(F.).- "A la recherche de la paix en Côte d'Ivoire: des signes fragiles de déblocage politique" in Débats, Courrier de l'Afrique de l'Ouest, n° 24, Avril 2005, pp. 9-20

BASSIR (A.).- "O.N.U. les défenseurs de la souveraineté contre les partisans de l'ingérence humanitaire" in Le Monde du 22 Septembre 1999, p. 3

BETTATI(M.).- "Un droit d'ingérence?", in Revue générale du Droit International Public, 1991, pp. 639-670.

BLONDEL(J.L.).- "Signification du mot 'humanitaire' au vu des principes fondamentaux de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge" in Revue Internationale de la Croix-Rouge n° 780, 11/1989

BOKOUAMANGA(H.).- "La non ingérence dans les Affaires intérieurs des Etats" in Afrique d'espérance n° 1, Octobre-Janvier 2002.

CHEMILLIER-GENDREAU(M.).- "Ingérence, Charité et Droit International" in Le Monde Diplomatique, vol. 4, 1993, pp. 506-533.

CHEMILLIER-GENDREAU(M.).- "L'autorisation de recourir à la force à des fins humanitaires: droit d'ingérence ou retour aux sources?" in Journal européen du droit international, vol. 4, 1993, pp. 506-533

DE SCHUTTER(R.).- "L'ingérence et conditionalité démocratique: l'état de la question" in Gresea avril 1993, p. 28

DJIDJE(M. A.).- "Cardinal Agré Bernard: la Côte d'Ivoire est victime d'un complot international" in Fraternité Matin n° 11492, 28 Février 2003, p. 4

GORE BI H. et KONE S..- "Le Ministre d'Etat Bohoun Bouabré s'est prononcé sur les grandes questions du développement de la Côte d'Ivoire"  in Fraternité Matin n° 12931, des 18 et 19 décembre 2007, pp. 2-4

KOUCHNER(B.).- "Souveraineté et assistance humanitaire" in La nouvelle revue des deux mondes, mars 1990, pp. 10-18

MAYOLA (M.L.).- "Tradition, spiritualité et développement" in Recherche philosophique 'Actes de la XIIIè Semaine Philosophique de Kinshasa du 5-11 avril 1992, Kinshasa, 22, (1993), p.75

MOUSSAVOU-MOUSSAVOU (J.B).- "Du devoir d'ingérence humanitaire au droit d'ingérence humanitaire" in Afrique 2000, Bruxelles, n° 15, avril-mai-juin 1993, pp. 9-14

MVENG(E.).- "Essai d'anthropologie négro-africaine: la personne humaine" in Savanes-Forêts ICAO (Actes du colloque international d'Abidjan du 16-20 septembre 1980), Abidjan 1982, pp. 257-269.

PEILLET(A.).- "Droit d'ingérence ou devooir d'assistance humanitaire? La documentation française" in Problèmes politiques et sociaux: Dossiers d'actualité mondiale n° 758/759, Paris, la documentation française, 1-12 décembre 1995.

PEPE(M.).- "Belli Bello dénonce le droit d'ingérence" in Fraternité Matin N° 12441, du 26Avril 2006, p. 12

POULIGNY(B.).- "Construire la paix après les massacres", in Revue du Tiers Monde, Volume 154, numéro, 174, p. 417-438

SANDOZ(Y.).- "Droit d'ingérence, droit à l'assistance: de quoi parle-t-on?" in Revue internationale de la Croix-Rouge, n° 795, p. 225-237

SOEDE(N.Y.).- "Nature et gestion des crises africaines: de la tradition aux pratiques actuelles" in Rucao 2003, n°18, pp. 47-65.

TAMBEDOU(V. M.).- "Droit international humanitaire, droit d'ingérence humanitaire et souveraineté des Etats" in Afrique 2000 Revue africaine de politique internationale n° 27/28 avril-octobre 1997, pp. 71-88.

D. OUVRAGES THEORIQUES ET METHODOLOGIQUES

BEAUFF(S.W.).- Guide de l'enquête de terrain, (Paris, La découverte, 1998)

BEAUFFRE(A.).- La stratégie de l'action, (Paris, Edition de l'Aube, 1977)

BLANCHET(A.) et GOTMAN(A.).- L'enquête et les méthodes: l'entretien, (Paris, Nathan 1992)

BOUDON(R.), CHAZEL(F.), LAZARSFELD).- L'analyse des processus sociaux? (Paris, La Haye/Mouton 1970°

BOURDIEU(P.) et al. .- Le métier de sociologue, (Paris, Mouton 1971)

COMOE(K.B.).- Comment faire un mémoire? (Abidjan Cahier n°2, 1985)

CROZIER et FRIEDBERG.- L'acteur et son système, (Paris, Seuil 1977)

DURKHEIM(E.).- Les règles de la méthodologie sociologique (Paris, PUF 1981), 21 è édition

MAISONNEUVE(E. de la).- Invitation à la réflexion stratégique, (Paris, Economia 1998)

GODET(M.).- Manuel de prospective stratégique (Paris, Dunod 1977), tome 1et 2

NDA(P.).- Méthodologie de la recherche, de la problématique à la discussion des résultats (Abidjan, EDUCI, 2006), 3è édition

QUIVRY(R.) et CAMPENHOUDT(L.).- Manuel de recherche en Sciences Sociales, (Paris, Dunod, 1995), 2è édition

ROUVERAIN (J.-C).- Mémoire et thèses, l'art et les méthodes (Paris, Maisonneuve et la Rose, 1989)

TOURAINE(A.).- La production de la société, (Paris, Seuil 1993)

          Pour le Père Tognan, il s'agit de qualifier l'ensemble des activités de l'Eglise Catholique, pendant le conflit armé ivoirien de Septembre 2002 à 2006, à la lumière du Droit Humanitaire. C'est un sujet très audacieux en ce qui concerne l'objet d'étude. Pour l'impétrant toute activité caritative inspirant la bonté, rien que la bonté est rarement remise en question. L'Eglise a l'art de s'en tenir à sa neutralité. Mais en quoi consiste l'activité caritative de l'Eglise? Comment qualifier cela au regard du droit humanitaire? C'est à cela que le présent travail nous invite.

          Le Professeur LEZOU DAGO Gérard, Professeur Titulaire de la Chaire UNESCO qui a encadré le candidat, a souligné que l'impétrant a maîtrisé la méthode de recherche et le plan est équilibré. Il s'est enthousiasmé pour la qualité matériel du travail: un mémoire d'une belle facture. pour lui il s'agit d'un savant dosage réussi entre les méthodes des sciences sociales et les sciences juridiques. Le texte est divisé en sections, chapitres et paragraphes. le champ d'enquête est défini clairement. Le Prof. LEZOU a relevé quelques imperfections: par exemple sur les noms des peuples quand ils sont utilisés comme adjectifs. Il a fait remarqué aussi que les hypothèses de recherche sont très longues, alors qu'elles doivent être courtes.

          L'Examinateur principal, le Dr AKE Patrice Jean, Maître-Assistant de Philosophie a insisté sur la charité qui pour lui semble l'objet d'étude: comment cerner cet objet aussi confus s'est-il interrogé car sur le plan de la sémantique et de l'étymologie, ce mot est ambigu. En effet, pour exprimer l'idée d'aimer, les Hébreux n'avaient que le verbe heb et le substantif dérivé ahabah. Ce mot signifiait amour sacré, amour profane, amour chaste et amour impur, la tendresse familiale et la simple amitié. Pur la Bible aimer veut signifier à la fois amour de Dieu pour l'homme ou encore l'amour de l'homme pour Dieu. Quant aux Grecs, le mot amour se dit en quatre termes: agapein: préférence de choix ou d'estime qui dépend de la volonté plutôt que du coeur,

                                                          philein: sentiment qu'inspirent les liens de parenté ou les relations amicales

                                                          eros: déshonoré par une association d'idées impures

                                                          stergein: affection des parents pour leurs enfants.

          Charité vient de carus qui signifie cher, au sens propre et au sens figuré; De caritas, nous avons cherté, par dérivation populaire et charité, par dérivation savante. Nous disons au sens propre cherté des vivres, comme en latin caritas annonae; mais c'est le sens figuré qui nous occupe. Caritas n'est pas tout à fait synonyme de amor. " Quand nous parlons des dieux, dit Cicéron, ou des parents, de la patrie des hommes éminents, nous employons le mot caritas; s'il s'agit des époux, des enfants, des frères et de nos familiers, c'et amor qui convient le mieux" (Partitiones orat. 88). La distinction n'était pas rigoureuse mais en général, sauf chez les auteurs comiques, caritas  avait un sens plus noble et n'aurait pas désigné un amour sensuel. La confusion en français est pire que le latin. Le mot charité, ayant pris un sens restreint ne peut traduire le plus souvent ni caritas ni delectio et doit être remplacé par le mot amour. Pour exprimer soit notre amour pour Dieu, soit l'amour de Dieu pour nous. Nous dirions moins facilement aujourd'hui la charité de Dieu. Quant à la dilection de Dieu, elle est abandonnée par les orateurs sacrés depuis le dix-septième siècle, et elle ne serait tolerée aujourd'hui que chez les mystiques.

          N'est-ce pas cette confusion dans le mot qui a engendré ce malaise de la notion de l'humanitaire, quand on parle d'ingérence lorsqu'il s'agit d'aimer et de faire de la charité? Et puis de quel homme parle-t-on? Peut-on parler de droits de l'homme sans l'humain? Si l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu est absent de tout, de quel humanitaire parle-t-on? Le coeur qui s'émeut d'Ingrid BETANCOURT emprisonnée par les FARC et organise des marches de soutien pour sa libération doit-il ignorer tous les autres prisonniers de la Guérila colombienne? La vie des enfants du Tchad, des mineurs de Tanzanie ou du jeune malien qui s'est jeté dans la Marne pour échapper à un contrôle de police, n'a-t-elle aucun pris pour les militants des droits de l'homme, ou qui peuvent risquer leurs vies pour des moines Tibétains et non pour du sang africain? Quelle est cette charité qui fait deux poids, deux mesures? Pour l'examinateur, au nom de la charité, au nom de Dieu, il faut sauver la vie: parler d'ingérence est un non sens quand la vie est menacée.

          Pour Dr DIASSE Orphée, Docteur en Droit, le candidat n'a pas assez creusé les fondements juridiques des activités caritatives. Elle a demandé à l'impétrant si le droit humanitaire ne prévoit pas des règles. Est-ce sur la base du droit humanitaire? ou du droit canonique? De quel droit humanitaire s'agit-il? S'agit -il du droit des conflits armés internationaux? Pour l'examinateur, nrmalement c'est l'Etat qui doit porter secours à la population. Le fait que l'Eglise le fasse n'est-ce pas une sorte d'ingérence? D'autres questions ont suivi comme celles-ce: existe-t-il une presse neutre? Dans quel rubrique classer le conflit ivoirien? Conflit atypique? Conflit artificiel? Conflit qui a des mutations multiples?

          Quand au Président de Jury, le Prof. ASSALE AKA BWASSI, Maître de Conférences en Philosophie il a montré le rapport du droit à la théorie de la connaissance. Pour lui , la science implique une phénoménologie de l'évidence. Tout dépend de la causalité. Ainsi le doit utilise la causalité déductive. Il faut, selon lui distinguer les sciences normatives et les sciences nomologiques. Les lois sont un rapport nécessaire entre les choses. Si l'on prend en compte tout cela, une loi injuste est-elle recevable?

           Après délibération, le jury a l'unanimité a donné la Mention Très Bien à l'impétrant pour le travail accompli.

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05 avril 2008

Colloque sur les Funérailles Inculturées

LES FUNERAILLES INCULTUREES COMME LIEU THEOLOGIQUE DE L'EGLISE FAMILLE DE DIEU1

PREMIERE PARTIE: REFLEXION THEOLOGICO-PASTORALE

I- ANTHROPOLOGIE ET ESCHATOLOGIE AFRICAINES

          Une première grande partie du colloque-atelier à tenir devra porter sur l'eschatologie africaine et la gestion de la mort(I).

          La vie prend sens à partir de la mort. Les sages penseurs de nos traditions culturelles ont été comme absorbés par la pensée de cette limite radicale. Ils ont créé toute une ritualité où est engagée une vision de l'homme qui est devenue le régulateur de base de l'existence humaine, individuelle, familiale et sociale.Une culture du mémorial ancestra s'est développée dans toutes les aires culturelles de l'Afrique. En son sein, nous trouvons le culte des ancêtres qui plonge ses racines dans l'eschatologie africaine.

II - RITUEL DES FUNERAILLES ET PROBLEMATIQUE D'INCULTURATION

          La quête radicale du sens de la vie à laquelle nos sociétés se sont toujours confrontées s'est traduite dans des rituels de funérailles autour desquels l'Eglise en Afrique rencontre en permanence les sociétés africaines et leurs cultures. Selon quelles modalités s'est effectuée cette rencontre jusqu'à ce que sonne l'heure de l'inculturation, notamment avec Vatican II et le 1er Synode pour l'Afrique? Il sera important de faire le point sur ces modalités:

          - Modalité de juxtaposition et mise en lumière de ce qu'elle signifie

          - Modalité de conflit et sa signification.

          - Modalité d'inculturation et sa signification

          Cette enquête à large spectre devra être conduite dans tout l'espace CERAO(II)

III - ORIENTATIONS DE l'EGLISE UNIVERSELLE ET DES RITES INCULTURES DES FUNERAILLES CHRETIENNES

          Quand l'enquête sera restituée comme 2è grande partie de la rencontre d'étude, s'engagera une réflexion sur les Instructions du Dicastère Romain pour le Culte Divin et les Sacrements. En possession de ces orientations sur les Sacrements et les Sacramentaux, le Colloque s'emploiera à la réflexion théologique sur les critères d'authenticité chrétienne catholique des rituels inculturés des funérailles chrétiennes.

          Cette 3è grande partie sera faite d'exposés de panels et d'ateliers. Il sera demandé aux Conférences Episcopales où sont à l'essai des rituels inculturés de funérailles chrétiennes d'exposer la théologie qui est mise à l'oeuvre dans ces rituels et d'en manifester la cohérence christologique et ecclésiologique interne comme premier critère. On montrera ensuite la cohérence avec la tradition de l'Eglise comme 2è critère. On établira en outre la pertinence culturelle et interculturelle de cette théologie à l'oeuvre dans le sacramental que sont les funérailles chrétiennes. La légitimité de ces inculturations conduites avec rigueur théologique s'attestera comme une appropriation de la Grande Tradition de l'Eglise Catholique par nos Eglises en exigence historique incontournable d'inculturation. Ces efforts d'inculturation ainsi caractérisés n'ont rien de commun avec les petites traditions, comme le prétendraient des Africains se voulant dociles à un rituel latin"universel" qui n'aurait nul présupposé culturel et n'aurait aucun besoin de réappropriation culturelle. En réalité, ces Africains qui discréditent les tentatives d'inculturation se classent dans la catégorie de ceux qui veulent juxtaposer les rituels, ce qui constituent le bouillon de culture de tous les syncrétismes.

          Pour une Eglise qui a entrepris de se construire comme Famille de Dieu, il est évident que nous nous trouvons ici sur le terrain d'un grand enjeu d'inculturation. En effet, la famille africaine qui se structure ici, dans l'ordre symbolique, n'est pas sans influencer toute théologie ultérieure de l'Eglise comme Famille de Dieu en Afrique. Les précisions catégorielles que nous mettons au point à ce niveau de notre culture décident du sérieux de l'oeuvre de l'inculturation que nous conduisons.. En quoi le sacrement et le sacramental se distinguent-ils? La constitution imaginaire de nos sociétés africaines qui est engagée dans ces débats d'anthropologie fondamentale est-elle indifférente à l'ordre sacramentel et sacramental où s'édifie l'ecclésiologie africaine de l'Eglise comme Famille de Dieu? L'anthropologie vécue de nos sociétés africaines au coeur  de l'épreuve de la mort est-elle sans importance pour notre ecclésiologie?

IV - QUELLES ORIENTATIONS PASTORALES POUR L'INCULTURATION DES FUNERAILLES CHRETIENNES?

          Quelles orientations pastorales donner pour la poursuite des efforts d'inculturation en matière de funérailles chrétiennes? Beaucoup disent qu'il faut laisser se vivre la diversité culturelle. Mais qu'entend-on par diversité culturelle dans un espace où le christianisme n'a pas encore opéré sa profonde démarcation de la culture et de la religion? Quand l'ordre symbolique de la culture est en génèse et mêle encore les eaux de l'une et de l'autre, la foi chrétienne n'a-t-elle pas le droit, voire le devoir d'apporter son éclairage? Ou est-ce trop tôt? Est-il permis de laisser purement et simplement se déployer sur le chrétien défunt la ritualité traditionnelle avec ses ambiguïtés magico-sorcières, parallèlement avec la ritualité chrétienne? Ne faut-il pas, en écartant tout le magico-sorcier et l'imaginaire de terreur qu'il charrie, assumer par le fond la ligne symbolique de crête en filigrane dans les multiples surdéterminations pour lui donner une forme chrétienne - ce que nous appelons précisément inculturation rituelle fondamentale? Ce faisant, n'est-il pas permis de proposer un tel rituel, débarassé de tout élément syncrétiste, à la concélébration avec des gestionnaires traditionnaires des funérailles, étant donné que les membres non chrétiens de la famille revendiquent devoir accomplir eux aussi des rites de piété filiale ou fraternelle envers le membre défunt, même s'il est chrétien?

          S'il est permis que les célébrants traditionnels jouent un rôle dans les funérailles d'un membr chrétien de la famille, c'est parce que, selon notre foi chrétienne, la multitude vue par le visionnaire de Patmos provient de toute langue, peuple et nation et que déjà, à la Pentecôte, la multitude présente à l'événement entendait proclamer chacun dans sa langue les merveilles de Dieu. C'est dire que les déterminations culturelles ne sont pas purement et simplement abolies mais constituent une richesse assumée en eschatologie. Il nous semble que les célébrants traditionnels des funérailles ont un rôle à jouer sur la base dune inculturation ainsi clarifiée.

          L'intégration dans la famille vivante dans l'au-delà, que le rite est censé opérer en faveur du défunt, se trouve être, dans le cas chrétien, pour qui s'accomplit le rite du passage qui est ici sa Pâque ultime, une intégration dans la communion des saints, dans la Famille de Dieu en rassemblement au coeur même de la Trinité Sainte.

V- DIMENSION MISSIONAIRE DE LA CELEBRATION DES FUNERAILLES

          L'Eglise Famille qui s'efforce de convertir sa culture et d'inculturer sa foi, est appelée en Afrique à voir, dans les grands rassemblements de familles occasionnés par la mort d'un être cher, un aéropage propice à l'annonce première du message pascal. Le sens des veillées funèbres doit être soigneusement établi en lien avec la veillée pascale du Rédempteur de l'homme. Il faut viser à faire des funérailles du chrétien l'occasion d'une semence de la Parole de Dieu qui portera ses fruits.

IIè PARTIE : CONFERENCES

1er Panel:

1.  Mgr SANON et Mgr LEZOUTIE: La problématique théologico-pastorale des funérailles chrétiennes dans ses dimensions majeures ou Evangéliser la mort africaine par des funérailles inculturées.

2. Anthropologie et Eschatologie Africaines

Père Nazaire DIATTA : Aire géo-culturelle du Sahel: Sénégal, Mauritanie, Cap-Vert

Père Bénoît PENOUKOU: Aire géo-culturelle de la Savane: Bénin Togo

Père Jean Sinsin BAYO: Aire géo-culturelle de la Forêt

2è Panel:

1. Père Pierre KABLAN: Les Instructions Romaines sur les Sacrements et Sacramentaux et leur Inculturation

Tentative d'inculturaion des Funérailles: Présentation Théologique du Rituel Inculturé

Père Bernard YANOOGO: Aire géo-culturelle du Sahel:

Père Edouard ADE: Aire géo-culturelle de la Savane

Père Jean-Baptiste AKWADAN: Aire géo-culturelle de la Forêt

Père Léon Diouf: La problématique de l'Eglise Famille de Dieu: bases anthropologiques les plus fondamentales

3è Panel:

Les Délégués des Conférences Episcopales de l'Espace CERAO: Enquêtes sur l'Etat des lieux dans chaque Conférence

Mgr Lucas Kalfa SANOU: Synthèse des Travaux/

4è Panel:

Mgr Jean Marie DIARRA: Dimension Missionnaire de la Célébration des Funérailles.

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03 avril 2008

Les 5 preuves thomistes de l'existence de Dieu

INTRODUCTION

          Le premier problème, en ce qui concerne la philosophie médiévale est de savoir quand elle commence. Pour Jeauneau Edouard, "les limites que l'hsitoire générale assigne au Moyen Age (395/476 - 1453/1492 ne sont pas celles que retiennent d'ordinaire les historiens de la philosophie médiévale"(1). S'appuyant sur Etienne Gilson, notre auteur pense que "les origines du mouvement philosophique médiéval sont liées à l'effort de Charlemagne pour améliorer l'état intellectuel et moral des peuples qu'il gouvernait."(2). Ainsi, pour notre auteur, l'histoire de la philosophie médiévale commence au IXè siècle pour s'achever à l'aube du XVè siècle et elle se limite au monde occidental, chrétien et latin.

          Quant à Maurice de Wulf, il soulève un autre problème qui est le suivant: le terme de Moyen-âge veut dire "âge moyen ou intermédiaire entre l'antiquité et l'humanisme du XVè siècle...(c')estune dénomination de pauvreté, à laquelle s'attache un sens péjoratif"(3). On déprécie également cette philosophie en disant qu'elle est "une philosophie enseignée en mauvais latin, abusant du syllogisme, perdue dans des subtilités ou des niaiseries...une philosophie asservie à Aristote, mais sans le comprendre." (4) Or cette philosophie est très importante, car du point de vue de la philosophie, "des systèmes nmbreux et puissants surgissent du IXè au XVè siècles" et "la philosophie médiévale sort de la philosophie grecque, comme elle prépare la philosophie moderne."(5). Pour notre auteur comme pour nous aussi, celui qui va nous intéresser particulièrement est celui de St Thomas d'Aquin.

          Enfin nous signalerons l'introduction à la philosophie médiévale de Kurt Flash. Cet auteur s'attache à montrer le rôle que "la philosophie a joué dans une situation historique donnée."(6) Il s'agit d'une nouvelle façon de faire de la philosophie dans un contexte polémique, à l'état de dispute et de contradiction. Cette approche nous aidera à risquer une contradiction avec la philosophie thomiste.

PREMIER CHAPITRE: LA VIE ET L'OEUVRE DE ST THOMAS D'AQUIN

   ST THOMAS D'AQUIN (1225-1274)   

          Philosophe et théologien le plus célèbre du XIIè siècle, St Thomas est né vers 1225 à Roccasecca, près de Naples. Confié vers 1230-1231 à l'abbaye du Mont-Cassin, il y est formé aux arts libéraux jusque vers 1239 sans doute. Il est alors envoyé étudier à l'Université de Naples où l'ouverture aux nouvelles oeuvres d'Aristote est encouragée par Frédéric II. Il y découvre l'Ordre des Prêcheurs et, en 1243-1244, décide d'y entrer, en dépit de la résistance de sa famille qu'animent des ambitions tout autres. En 1245 son ordre l'envoie à l'Université de Paris. Promoteur principal pour l'adoption des nouvelles philosophies grecques et arabes, Albert le Grand y est son maître, qu'il accompagne en 1248 pour Cologne. De retour à Paris (1252), St Thomas y enseigne la Bible (1252-1254), les Sentences de Pierres Lombard(1254-1256), puis est maître régent de l'école des Prêcheurs (1256-1259). Il passe alors en Italie pour enseigner dans plusieurs villes, et reprend en 1268 sa chaire à Paris. En 1272, il retourne à Naples pour y enseigner la théologie et sur le chemin du Concile de Lyon, il décède le 7 Mars 1274.

          Exprimée de diverses façons et de multiples ouvrages (commentaires, Traités, Questions disputées), la philosophie de St Thomas est celle d'un théologien spécialement sensible aux exigences de la raison. Elle n'est guère explicable sans celle d'Alabert le Grand et ses efforts puissants pour l'intégration des nouvelles philosophies. Cependant, sans formuler de critique à l'endroit de son maître, St Thomas s'en distingue souvent et toujours en faveur d'une épistémologie et d'une noétique plus décantées et encore plus critiques. Ce dernier partage sans réserve l'estime pour le réalisme aristotélicien qui toutefois ne suffit nullement à caractériser sa philosophie. D'autres oeuvres, en effet, l'alimentent: St Augustin, Denys le pseudo-Aéropagite (l'important Commentaire d'Albert sur les Noms divins, méconnu durant sept siècles, a été rédigé à Cologne par St Thomas), le Livre des Causes, et Avicenne(déjà fort prisé d'Albert).

          La réduction simpliste de la pensée de St Albert à l'aristotélisme est un phénomène d'académisme, polémique au début et par suite naïvement apologétique, elle relève de cet académisme "thomiste qui tout au moins - dans le domaine théologique appelle d'autres considérations - comporte, entraînés par l'usage d'apocryphes tels que l'ockhamiste Summa totius logicae, et par les options discutables des interprêtes, des guachissements voire des mutilations que la méthode historique rend maintenant manifestes.

Quelques oeuvres de St Thomas:

Le Commentaire des Sentences

          Ecrit entre les années 1252 et 1256, cet ouvrage donne trois types d'arguments:

          Un argument per causalitatem, qui consiste à faire remarquer que, si nous avons été faits, cela ne peut être que par une cause extrinsèque. cet argument est très nettement d'origine théologique puisqu'il présuppose la notion de création ex nihilo.

          Un argument per remotionem manifeste que l'imparfait ne peut être sans le parfait. Mais l'établissement de ce principe est pour ainsi dire inexistant.

          Un argument per eminentiam annonce la quatrième voie de la Somme théologique: le bien et le meilleur se disent toujours par comparaison à un optimum; il faut donc un souverain Bien d'où procède la bonté.

          St Thomas assume les trois voies comme trois types de voies. St Thomas assume le raisonnement suivant: Dieu est ce dont on ne peut rien penser de plus grand. Mais ce dont on ne peut pas penser pas penser qu'il n'existe pas est plus grand que ce dont on peut penser qu'il n'existe pas. Donc on ne peut pas penser que Dieu n'existe pas. St Thomas précise bien qu'il s'agit ici d'un raisonnement qui part d'une supposition. Ce point sera jusqu'à la fin de sa vie une des marques de détermination de l'argument.

De l'Etre et de l'Essence,

          Il s'agit d'une d'un ouvrage de jeunesse. Au chapitre IV, St Thomas fait une approche complexe dans laquelle on notera d'abord une remarquable maîtrise des notions métaphysiques d'être et d'essence ou d'acte et de puissance. L'Aquinate commence par affirmer que tout être est nécessairement distinct de l'essence à moins "qu'il n'existe une réalité dont la quiddité soit son propre être. Or la forme ne peut causer l'esse comme une cause efficiente, car une réalité ne peut être cause d'elle-même; ce qui revient à "toute réalité qui n'est pas esse seulement a une cause de son esse." Cet esse ne peut donc être causé que par un autre. Et comme on ne peut aller à l'infini, "il est donc manifeste que l'intelligence est forme et esse et qu'elle tient l'esse de l'Ens premier qui est esse seulement; et telle est la Cause première qui est Dieu".

          Plus loin, l'Aquinate ajoute encore: "Il faut donc que la quiddité elle-même ou forme qui est l'intelligence soit en puissance à l'égard de l'esse qu'elle reçoit de Dieu, et cet esse est reçu par mode d'acte." Ce passage surprend par sa conclusion. On pensait que Thomas d'Aquin avait pour but la démonstartion de l'existence de Dieu: or, il ne s'arrête pas à cela, il va jusqu'à son vrai but, la composition d'acte et de puissance dans l'intelligence.

Questions disputées sur la vérité,

          Datée entre 1256 et 1259, la question disputée De Veritate fournit un premier essai d'argument par la cause finale. St Thomas affirme que toute cause finale implique une intelligence.  Or les animaux ont une cause finale mais pas d'intelligence. Il faut donc une intelligence extrinsèque.

          Le De Veritate donne surtout un mélange d'arguments issus de la théologie ou de la philosophie sans vraiment d'essai de distinction.

Le De Trinitate

          Dans cet ouvrage l'auteur reprend la question de Dieu avec un regard critique. Il s'agit d'une réflexion critique sur la possibilité d'une connaissance de l'existence divine. A l'article 3 de la première question, on assiste à une première remise en cause de l'évidentialisme et donc de l'argument ontologique. Le premier connu n'est pas Dieu mais le singulier. Cette oeuvre est une oeuvre de maturité malgré son inachèvement, car la plupart des outils sont en place. Notons enfin que la pensée évidentialiste est une dernière fois analysée avec faveur. St Thomas écrit: "Par le moyen de principes qui sont innés en nous, nous pouvons facilement percevoir que Dieu existe."(8). Le facilement indique encore une certaine admission de l'évidentialisme de l'existence de Dieu. Mais cela s'accompagne d'un bon environnement critique.

Somme contre les gentils

          La Summa contra gentiles que l'on peut dater en 1259 et 1264, a été écrite à Paris pour le début, et à Rome pour la suite, si l'on en croit les changements de parchemin et d'encre. Ici, St Thomas semble insister plus nettement sur la cognoscibilité de Dieu. Au livre premier, au chapitre dixième puis au chapitre onzième, cinq réponses aux objections manifestent un net dépassement des arguments anselmiens. Le chapitre treizième fait en revanche une très grande place à Aristote. Peut-on parler dune rédecouverte pour l'Aquinate? En outre, nous ne trouvons plus une argumentation courte et soucieuse d'évidence: les quatre longs arguments qui sont donnés reflètent un renouvellement de la recherche.

          Les quatre premiers arguments s'inspirent directement d'Aristote. Après nous avoir situés dans un type de démonstration a posteriori, le premier argument fait appel au principe de causalité physique "tout ce qui est mû est mû par un autre".(Il s'agit d'un argument aristotélicien). La deuxième voie montre que tout moteur n'est pas mû. Cela est vrai "par accident ou par essence", ce que l'Aquinate établit par l'absurde. La démonstration aboutit à un moteur non mû. La troisième voie utilise l'ordre des causes efficientes, et Aristote est de nouveau abondamment utilisé. S'il n'y a pas de cause première dans une série, il n'y a plus de cause dans les intermédiaires; plus rien ne peut donc être causé. La quatrième voie utilise le maxime verum. La cinquième voie réfère à St Jean Damascène à partir de l'ordre du monde. Nous sommes dans le Contra gentiles dans la préparation immédiate de la Summa. ici plusieurs voies sont établies par plusieurs arguments. Chaque voie est un type de raisonnements où des prémisses spécifiques conduisent au même résultat, au même objet.

          D'autres arguments intéressants sont en outre utilisés, mais ils n'ont pas pour but d'établir directement l'existence de Dieu. On y montre la nécessité et l'éternité de Dieu, la parfaite pureté de son être en acte, sa nature intelligente

La question disputée "De potentia Dei"

          Cet écrit date de 1265 ou encore de 1266-1267. Il a été écrit à Rome. Cet manuscrit est le prédécesseur immédiat de la première partie de la Summa. Il semble que St Thomas y continue sa recherche d'arguments divers et variés. Il essaie de les puiser entre autres chez Platon et chez Avicenne, tout en maintenant un argument curieusement attribué à Aristote. Ces trois recherches figurent à l'article 5 de la question 3.

          En ce qui concerne le premier argument, il part du fait que notre être est participé puisque nous avons des déterminations en commun avec d'autres êtres; il faut donc un êre-source transcendant les êtres participés. Cet argument est attribué à Platon qui, notons-le, n'en a jamais fait une démonstration de l'exisence de Dieu. Le deuxième argument va référer à Aristote dans son deuxième livre des Métaphysiques, où l'on constate que ce type de démarche n'est pas non plus une démonstration de l'existence divine. Cet argument est en outre fortement imprégné de néoplatonisme: il préfigure la quarta via de la Summa. Il ne s'agit pas en fait d'une démonstration, et l'on aboutit seulement par confiance dans les conclusions d'Aristote. Cela aura de l'importance pour éclairer la quarta via de la summa.

          Un troisième argument enfin réfère à Avicenne tout en manifestant la structure aristotélicienne du résultat, par l'intermédiare de l'acte pur.

          Le De Potentia représente un essai de recherche sur des philosophies traditionnelles mais assez isolées sur ce type de sujet. St Thomas prépare une synthèse, et semble faire une topique historique.

Somme théologique

          Etant donné la place que nous allons donner à l'étude des cinq voies de St Thomas, nous donnerons ici que quelques remarques sur la place et l'intention de la Summa theologiae.

          La datation de la Summa theologiae quant à la prima pars(qui seule nous intéressera) ne pose pas un réel problème de fond: "il semble assuré que, durant le temps où il resta à Rome (jusqu'en septembre 1268), Thomas rédigea la prima pars en entier et qu'elle fut en circulation en Italie avant même son retour à Paris."(8). La question qui nous intéresse surtout (début de l'ouvrage) date aussi de cette période: 1266-1268.

          La Summa theologiae selon son auteur est d'abord un traité pratique à l'usage du débutant (l'incipiens). Il y a synergie entre le souci méthodologique de la Summa et une certaine maturité systématique en ce qui concerne les voies d'accès à Dieu: on ne peut donc s'attendre à une sorte de "sommet" de réflexion. La structure de la Summa a été longtemps discutée. Les trois parties sont trois modes d'un même ordo ad Deum en raison des trois présences de Dieu: présence créatrice, présence de grâce et présence personnelle par l'Incarnation.(9). La Summa est étymologiquement la science De Dieu et elle doit commencer par regarder si Dieu existe et qui il est, le plus fondamentalement et le plus complètement. cette exigence fondamentale explique le point de départ plus physikos qu'on a maladroitement appelé le De Deo uno et que St Thomas semble désigner plutôt en employant des expressions comme Ea quae ad essentiam Dei pertinent(et pour la deuxième partie Ea quae ad operationem Dei pertinent). L'exigence ultime correspondra au regard issu de la Révélation et c'est ce qu'on a appelé le De Deo trino.

          Notre prima pars est au point de départ d'un traité didactique de théologie, qui va analser en premier lieu l'exigence et la présence causale de Dieu.

A Suivre.......

Dr AKE Patrice pakejean@hotmail.com

Philosophie du droit4.bmp

__________________________________________________________

1) JEAUNEAU(Edouard).- La philosophie médiévale (Paris, PUF, 1963), p. 3

2) JEAUNEAU(Edouard).- La philosophie médiévale (Paris, PUF, 1963), p. 4

3) WULFF(de, Maurice).- Histoire de la philosophie médiévale. Tome 1er. Des origines jusqu'à la fin du XIIè siècle (Paris, 1934), p. 9

4) WULFF(de, Maurice).- Histoire de la philosophie médiévale. Tome 1er. Des origines jusqu'à la fin du XIIè siècle (Paris, 1934), p. 10

5) WULFF(de, Maurice).- Histoire de la philosophie médiévale. Tome 1er. Des origines jusqu'à la fin du XIIè siècle (Paris, 1934), p. 12

6) FLASCH (Kurt).- Introduction à la philosophie médiévale (Suisse, Fribourg 1992), p. VI

7) St Thomas d'AQUIN.- In de Trin., q. 1, a. 3, ad 6

8) BARBELLION(Stéphane-Marie).- Les preuves de l'existence de Dieu. Pour une relecture des cinq voies de saint Thomas d'Aquin (Paris, Cerf, 1999), p. 217

9) BARBELLION(Stéphane-Marie).- Les preuves de l'existence de Dieu. Pour une relecture des cinq voies de saint Thomas d'Aquin (Paris, Cerf, 1999), p. 218

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01 avril 2008

Poisson d'Avril

          Un poisson d'Avril est une plaisanterie, voire un canular que l'on fait le 1er Avril à ses connaissances, ou à ses amis. Il est aussi de coutume de faire des canulars dans la presse, aussi bien écrite, radio télédiffusée et sur Internet. Un poisson est un symbole de l'élément Eau dans lequel il vit. On le sculptait à la base des momuments khmers pour indiquer qu'ils plongeaient dans les eaux inférieurs, dans le monde souterrain. A ce titre, il pourrait être considéré comme participant de la confusion de son élément, et partant comme impur. C'est ce côté confusion que nous retiendrons pour le cas du poisson d'avril.

          Pour les enfants, il consiste à accrocher un poisson de papier dans le dos des personnes dont on veut se gausser. "Poisson d'avril" est aussi l'exclamation que l'on pousse une fois qu'une des plaisanteries est découverte, ou pour avertir aussi la victime du canular que l'histoire qu'on vient de lui raconter est fausse. Cette tradition trouverait son origine en France. On  raconte que jusqu'en 1564, l'année commençait le 1er avril. Cette année là, le roi Charles IX décida de modifier le calendrier. L'année commencerait désormais le 1er janvier.

          Le 1er janvier 1565 tout le monde se souhaitât "bonne année", se fit des cadeaux, se donna des étrennes, tout comme à un début d'année. Seulement quand arriva le 1er avril, quelques petits farceurs eurent l'idée de se faire encore des cadeaux, puisque c'était à cette date qu'avant on s'en faisait. Mais, comme c'étaient des farceurs et que ce n'était plus le "vrai" début de l'année, les cadeaux furent de faux cadeaux, des cadeaux "pour de rire", sans valeur.
À partir de ce jour là, raconte-t-on, chaque année au 1er avril tout le monde, grands et petits, prit l'habitude de se faire des blagues et des farces
Comme à cette période de l'année, au début du mois d'avril, en France, la pêche est interdite, car c'est la période de fraicheur des poissons (la période de reproduction), certains avaient eu comme idée de faire des farces aux pêcheurs en jetant des harengs dans la rivière. En faisant cela, ils devaient peut-être s'écrier: "Poisson d'avril!" et la coutume du "poisson d'avril" est restée.

          Aujourd’hui, on ne met plus de harengs dans l'eau douce, mais on accroche, le plus discrètement possible, de petits poissons en papier dans le dos des personnes qui se promènent parfois toute la journée avec ce "poisson d'avril" qui fait bien rire les autres. Certains racontent aussi que le "poisson d'avril" serait devenu "poisson" parce qu'au début du mois d'Avril la lune sort du signe zodiacal des Poissons. Ainsi en astrologie (19 février-20 mars), douzième et dernier signe du Zodiaque, les poissons se situent juste avant l'équinoxe de printemps. Ils symbolisent le psychisme, ce monde intérieur, ténébreux, par lequel on communique avec le dieu ou le diable; ce qui se traduit dans l'horoscopie par une nature manquant de consistance, très réceptive et impressionnable. Leur maître traditionnel est la planète Jupiter, à laquelle on a adjoint, après sa découverte, Neptune.

          En Belgique, aussi la tradition du poisson d'avril reste bien vivante.
" Les jeunes gens, dans les écoles, attachent un poisson en papier dans le dos de leurs camarades, de leurs parents, de leurs professeurs... La presse (tv, radio, journaux) diffuse ce jour-là des informations fausses mais crédibles. Parfois même les hommes politiques sont complices. Entre amis, etc, on se fait aussi des blagues téléphoniques ou autres..."

          En Amérique, mais aussi en Grande-Bretagne, on dit "April Fool's" (le dupe d'avril), pas de poisson ! le symbole du 'Fool's day' n'est pas le poisson, mais un coup de pied aux fesses (ce n'est pas un poisson qu'on accroche dans le dos, mais un message 'kick me' !!!). Ok, ça porte bonheur, mais bon...

          En Afrique aussi cette tradition du poisson d'Avril existe. C'est un poisson réel qui s'appelle l'aprium zygomatum piscus. Ce poisson est originaire du détroit du Mozambique, au Sud-est de l'Afrique. Ses couleurs vives et son motif facial qui donne l'impression qu'il 'sourit' ont fait son succès auprès des occidentaux, mais en font surtout un symbole important pour les ethnies locales.
Les couleurs vives de la femelle (bleu et jaune orangé) en font un ornement recherché pour les fêtes et cérémonies. Ainsi, les pêcheurs malgaches de l'ethnie Vezo doivent, pour séduire leur belle, pêcher le plus gros poisson d'avril et le lui offrir. Si elle le porte lors de la traditionnelle 'fête du poisson', c'est qu'elle accepte son hommage. L'ôdeur forte du poisson qui subsiste dans l'habitation familiale est le symbole de la virilité du pêcheur qui l'a ramené. De même, ses écailles réduites en poudre ont des vertus aphrodisiaques et ses arêtes sont exportées dans tout l'hémisphère Sud comme cure-dents.
Bon... vous y avez cru ? Eh bien c'est un poisson d'avril !!! ;-)

          Aujourd'hui, les blagues du 1er avril sont le lot traditionnel des journalistes qui rivalisent d'imagination pour colporter fausses nouvelles et autres plaisanteries : attaque extra-terrestre, capture d'un yéti, disparition des impôts... Cette évolution vers la presse vient-elle du fait que longtemps, on a enveloppé le poisson dans du papier journal ? Qui sait...

          De toute façon, c'est une bonne occasion de prendre la vie du bon côté et de surprendre vos collègues et amis par des petites facéties.          

Posté par pakejean17 à 11:40 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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